25. Août 2008

Façade de l‘entreprise avec logo buffle : la distance entre les deux cornes est 42 mètres.
Autour du monde sur un quatre-roues
La recherche de la recette du succès du BIG Bobby-Car nous entraîne à la campagne. Le but de notre voyage étant la petite ville de Burghaslach en Moyenne-Franconie, située dans un paysage idyllique. Sur l‘autoroute Nuremberg-Francfort, l‘on peut déjà distinguer à des kilomètres la façade marquante du buffle du bâtiment de l‘usine. Sur l‘aire de 320 000 mètres carrés, nous trouvons l‘une des fabriques de jouets les plus modernes d‘Europe, des halls de fabrication, un centre technique et logistique, réunis sous un seul toit. Comme l‘indique son nom tout est grand chez BIG. Le Bobby-Car sur la colline située devant l‘immeuble administratif mesure 8 x 4 x 2,80 mètres. Des chèvres et des moutons, vivant ici en biotope, s‘abritent souvent sous son ombre.
Dix piliers silos de couleur argentée se remarquent à peine devant le hall de fabrication. Elles contiennent le produit brut, le granulat. La quantité annuelle des billes blanches traitées se monte à des tonnes. Les machines aspirent le granulat polyéthylène qui est dosé par un système informatisé, mélangé à granulat coloré, puis porté à une température de 200 degrés. Presque 2 000 grammes sont nécessaires au châssis d‘un Bobby-Car. On mettait jadis les enfants sur des chevaux à bascule en bois et sur des chiens en tôle qui étaient recouverts de fourrure ou de tissu. Mais la roue du temps tourna de plus en plus vite et accéléra le développement des jouets pour enfants. Les tricycles suivirent les trottinettes, puis ce fut l‘arrivée des premières voitures en tôle pour enfants. Le Bobby-Car naquit en 1972, à une époque où de plus en plus de consommateurs pouvaient s‘offrir une voiture. Et les tout petits n‘étaient pas oubliés et allaient aussi avoir leur voiture, ressemblant à celle des adultes.
La forme de base de ce jouet mobile pour enfants n‘a pas changé depuis 36 ans, ce qui est inhabituel dans le secteur du jouet au rythme rapide. Il n‘y a aucune raison de le faire. Cette voiture ancienne toute ronde aux joyeux projecteurs semble toucher tous les coeurs de toutes les générations. D‘autant plus qu‘elle grandit pour ainsi dire avec l‘enfant : grâce à l‘idée géniale d‘intégrer une niche pour le genou où les enfants plus grands peuvent appuyer une jambe pour prendre leur élan avec l‘autre.

Jeux BIG illimités
Le clou est la technique du pressé-souffle
Dans le hall du pressé-soufflé, ce ne sont pas seulement toutes les variantes des Bobby-Cars qui sont fabriquées, mais également tous les autres jouets BIG. Les moules d‘acier et les couleurs changent en fonction des carnets de commandes et des stocks. Le travail se répartit sur trois équipes successives. Le nombre annuel de produits BIG qui quittent le site dépas se le million : les Bobby-Cars et leurs accessoires et d‘autres véhicules tels que des poids lourds ou des tracteurs ainsi que des toboggans, des bacs à sable, des animaux.
Dans l‘empire BIG, les outils sont le bien le plus sacré, il en existe plusieurs pour chaque partie du jouet. La fabrication d‘un tel moule double qui ressemble à un moule à gâteau surdimensionné, peut coûter jusqu‘à 200 000 euros. Ces outils pesant des demi-quintaux sont stockés dans un hall en béton, une précaution afin qu‘il ne leur arrive rien même en cas d‘incendie. Ils sont mis en oeuvre dans les grandes machines qui donnent leur forme respective aux éléments en plastique. Comme le fait un moule à gaufres avec la pâte. Il existe presque 700 moules pour les quelques 200 différents produits BIG. Dans les 15 machines entièrement automatiques dont chacune a la taille d‘un petit autocar, un boyau est fabriqué à partir du polyéthylène fondu. Ce boyau est placé entre les moules où il pend comme une tomate datte surdimensionnée qui est gonflée et se transforme en un ballon en forme de goutte et prend ainsi en l‘espace de 60 secondes sa forme définitive – par exemple celle de la carrosserie d‘un Bobby-Car. Le bras préhenseur d‘un robot saisit la pièce et lisse l‘arête au millimètre près à la chaleur d‘une flamme, avant de la déposer sur une chaîne. On passe instinctivement sa main sur les ailes rondes qui dégagent encore longtemps une impression de chaleur.
La petite voiture plaît aux grands
Tous les jours, environ 2 000 voitures pour enfants partent d‘ici pour leur voyage à travers les halls de production et autour du monde. Il existe entre-temps d‘innombrables variantes : des voitures de police, de pompiers, des voitures d‘intervention de l‘ADAC ainsi que des tracteurs. De grands groupes automobiles tels que VW, Porsche, Jaguar, Ferrari ou Mercedes ont fait développer leurs propres modèles ; des designers célèbres comme Philippe Starck, Kitty Kahane et James Rizzi se sont immortalisés dans des « Éditions d‘art ». Beaucoup d‘adultes aussi raffolent de la voiture pour enfants. Des Grand Prix officiels, des clubs, des tentatives de record et des paris [Wette] / courses [Rennen] sont organisés en permanence. Le record est de 105 km/h. Comment expliquer ce phénomène ? Peut-être parce qu‘un Bobby-Car supporte aussi le poids d‘un adulte ? Peut-être parce qu‘il est « made in Germany » ? Ou bien parce qu‘il roule toujours même après 15 ans ? Où la question se pose de savoir quel est ce matériau si solide.
Garantie et label de qualité
Le polyéthylène est léger et résiste aux intempéries ; n‘a pas tendance à se rompre, se fragmenter, se bosseler ; résiste à la salive et à la sueur. La robustesse des produits BIG tient à la mise en oeuvre de cette matière plastique et à la technique du pressé-soufflé. Et plus encore : ils sont stables aux UV, ne présentent physiologiquement aucun risque et sont écologiques. Ce que garantit le passeport de qualité BIG. Depuis1976, le TÜV et le BLGA (Bayerische Landesgewerbeanstalt) se chargent de soumettre tous les produits BIG à l‘ensemble des tests de dureté ; ces produits portent le sceau de qualité GS (« sécurité contrôlée – geprüfte Sicherheit »), le label de qualité le plus important pour la sécurité des produits. Une garantie de 3 ans va de soi. « Pour garantir l‘excellente qualité, nous avons conservé le site de production et les collaborateurs permanents », déclare Michael Sieber, CEO du groupe Simba Dickie, qui racheta BIG en 2004. Ce qui était aussi en conformité avec sa responsabilité sociale, il voulait absolument conserver les 170 emplois. Qui existent toujours aujourd‘hui.

Parade de voitures : 2 000 voitures porteur quittent la chaîne tous les jours.
Une histoire sans fin
Encore une raison pour laquelle le Bobby-Car permit d‘écrire un chapitre de l‘histoire des jouets : il n‘y a pas de déchets de production et pas de second choix. Si un produit BIG présente le moindre défaut, il sera mis au rebut et recyclé, déchiqueté comme tous les débris, teinté noir, mélangé à dix pourcents de granulat vierge pour améliorer la stabilité et transformé en roues : 8 000 unités par jour. Si un Bobby venait un jour à rendre l‘âme, son propriétaire pourra le retourner à BIG qui le recyclera. Et il se transformera peut-être finalement en « Whisper Wheel », la variante douce – et ménageant les nerfs des parents de petits pilotes de course – des roues. Une machine à timbrer appose ensuite les « chapeaux de roue » rouge-blancs.
Le Bobby-Car une fois arrivé sur la chaîne finale, les essieux et les roues y seront montés avant que le bolide rouge ne repasse au feu. Il sera entièrement et brièvement flammé afin que les autocollants tiennent mieux. Une collaboratrice aux mains agiles colle très rapidement et parfaitement la grille de calandre en forme de buffle. Cette boule mobile disparaît ensuite avec son volant emboîtable dans son carton, imprimée par les soins d‘une imprimerie franconienne.
36 paquets s‘amoncèlent sur une palette qui sera ensuite enveloppée d‘un film plastique. Le chemin conduisant au centre de logistique parcourt 700 mètres en sous-sol et passe par des bandes transporteuses et des monte-charges, pour aboutir à un rayonnage robotisé de 40 mètres de haut. Et qui est éloigné seulement de quelques mètres de la plate-forme de chargement du poids lourds qui va accompagner les Bobby Cars au départ de leur voyage autour du monde. Les destinations d‘exportation sont entre autres, le Japon, la Scandinavie, la Nouvelle-Zélande, Dubaï et les États-Unis.
Mention qualités physiologiques
Vous voulez encore un argument pour la popularité du jouet mobile rouge feu ? Recherché pour ses qualités médicales. Il y a des années déjà que Jürgen Krämer, professeur d‘orthopédie à l‘hôpital Sankt-Joseph de Bochum attesta : « En raison de la posture écartée des jambes, le Bobby-Car a une influence positive sur le développement des hanches. Après le traitement d‘une luxation de la hanche au moyen d‘une culotte d‘abduction, nous recommandons de placer l‘enfant sur le Bobby-Car. » Il nous est toujours demandé pourquoi nous ne dotons pas la voiture porteur d‘une motorisation. Cette dernière serait contraire à la philosophie de l’entreprise : « Les enfants doivent pouvoir se démener, faire l‘expérience du monde avec leurs petits pieds », pense Michael Sieber. Le Bobby-Car s‘accorde donc parfaitement à notre époque où la sédentarité fait l‘affiche. Une fin de cette histoire à succès n‘est donc pas encore en vue.
Selon un sondage d‘opinion Gewis, le degré de notoriété de la chancelière allemande, Angela Merkel, est d‘ailleurs de 72 pourcents en Allemagne.